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Colette Fellous sélectionnée pour le prix Renaudot 2011

publié le 12 septembre 2011

Colette Fellous a été sélectionnée par le jury du prix Renaudot pour son roman Un Amour de frère (publié chez Gallimard).

« Georgy, c’est le nom de mon frère. Le troisième, né trois ans après André, cinq ans après Claude et trois ans avant Pierrot. Il est cousu au centre de mon cœur et je l’ai déjà fait apparaître dans d’autres livres. Mais il ne me manque plus, j’écris même pour me débarrasser de sa présence, lui que j’ai aimé avec tant d’ardeur. Je veux dire que je sens son visage s’estomper en moi depuis quelques années. Et maintenant, dans ce village d’Orient où j’ai failli mourir, voilà qu’il revient en me frôlant la joue et en me demandant d’être claire dès le début. J’aime l’odeur de tes lèvres, il disait. Mais tu n’es pas mon amoureux pour me dire des choses pareilles, je lui répondais en riant. Je me suis piégée moi-même à ce jeu de la mémoire aimantée et suis obligée d’accueillir les jours et les saisons qui se présenteront ici. »

Une sandale qui se prend dans un rail. Colette tombe. Le train de Tunis arrive. À la dernière seconde, elle parvient à ramper hors de la voie. Elle s’était crue morte.
Cette forte émotion déclenche un tourbillon d’images, de souvenirs. C’est un vertige qui fait danser les lieux, les moments, les mots, les voix. En particulier, Colette revit et nous fait revivre les années 1967-1968, les hôtels, les chambres de bonnes, la Sorbonne, les petits métiers, le Festival d’Avignon. Paris, ses cafés, ses restos, ses cinémas de la rive gauche.
Mais la figure dominante est celle de son frère Georgy, diabétique dès l’enfance et qui mourut à vingt-sept ans. Colette éprouve un immense amour pour lui, à cause de sa fragilité. « J’acceptais qu’il soit mon maître ». Jusqu’au jour où elle comprend qu’il est son mauvais génie. « Il aura été mon initiateur diabolique. [...] J’aurais accepté de me vendre pour lui plaire et s’il avait vécu plus longtemps, il m’aurait poussée à le faire, il avait déjà essayé plusieurs fois, je n’aurais pas pu refuser. »
On retrouve ici Colette Fellous telle que le lecteur l’a aimée dans ses récits précédents, plus une nouvelle dimension, proche du tragique.

(sources : http://www.gallimard.fr/rentreelitteraire/ColetteFellous.htm)

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